Paru en 1922, Avril enchanté raconte l’évasion inattendue de deux jeunes Londoniennes, Mrs Wilkins et Mrs Arbuthnot. Un jour de pluie morose à Londres, elles tombent sur une petite annonce du Times proposant la location d’un château pour le mois d’avril, sur la Riviera italienne. Une promesse de lumière et de renouveau à laquelle elles ne peuvent résister.
À l’insu de leurs maris, elles brisent leurs tirelires et s’associent à deux autres femmes pour partager les frais du séjour : la très belle et aristocratique Lady Caroline Dester, désireuse de fuir ses trop nombreux soupirants, et la vieille Mrs Fisher, en quête d’un refuge paisible où elle pourrait se consacrer aux souvenirs des grands écrivains victoriens qui ont illuminé sa jeunesse.
Le roman, traduit par François Dupuigrenet-Desroussilles, est à la fois très bien écrit et drôle. Les personnages s’y dévoilent peu à peu, apprennent à se comprendre, à s’apprivoiser, et trouvent dans ce lieu hors du temps une forme d’harmonie et de bonheur. Je n’en dirai pas davantage.
Le réalisateur Mike Newell en a tiré un film à grand succès, à la fois enjoué et grave, porté par cet humour britannique subtil que j’aime tant.
L’autrice, Elizabeth von Arnim, est née en Australie en 1866. Elle s’installe ensuite en Europe, notamment à Berlin, et publie pas moins de vingt-et-un romans. Après la mort de son mari, elle vit une liaison tapageuse avec H. G. Wells, le célèbre auteur de science-fiction (La Guerre des mondes). Elle résidera par la suite en Suisse, en France à Mougins, puis aux États-Unis, où elle meurt en 1941.