Skip to main content

Philip K. Dick

© L’écran Fantastique

Chez L’Écran Fantastique, cette biographie consacrée au maître de la science-fiction classique, Philip K. Dick. Pourtant, je pensais déjà bien connaître cet auteur fascinant, ayant lu plusieurs ouvrages qui lui sont consacrés, notamment Je suis vivant et vous êtes mort de Emmanuel Carrère et Invasions divines de Lawrence Sutin.

Cette nouvelle édition, enrichie d’illustrations réalisées par des auteurs de bande dessinée, apporte un regard renouvelé sur son parcours. Et même en ayant l’impression de connaître sa vie sur le bout des doigts, j’y ai découvert des épisodes qui m’avaient échappés.

Il faut dire que Dick occupe une place à part : j’ai lu l’ensemble de ses romans disponibles en français, et je possède également l’intégrale de ses nouvelles rééditée en collection Omnibus. Une œuvre foisonnante, dense, presque vertigineuse.

© D. Sabatier

Son chef-d’œuvre absolu reste pour moi Ubik (1969). Plusieurs tentatives d’adaptation cinématographique ont vu le jour sans jamais aboutir, ce n’est guère surprenant. Le roman est inadaptable : trop de niveaux de lecture, trop d’intrigues entremêlées, trop de réalités qui s’effondrent les unes dans les autres sans jamais offrir de réponse définitive.

Le cinéma s’est pourtant souvent nourri de son œuvre, avec des résultats inégaux : parfois de simples curiosités, parfois de véritables réussites. Parmi ces dernières, on pense évidemment à Blade Runner avec Harrison Ford, ou encore Total Recall avec Arnold Schwarzenegger. Et lorsqu’un réalisateur manque d’inspiration, il peut toujours se tourner vers la matière presque inépuisable laissée par Dick : 44 romans et 122 nouvelles écrits en moins de trente ans.

Sa capacité de production relevait parfois de l’exploit. Entre 1963 et 1964, en proie à des difficultés financières et sous l’influence d’amphétamines, il ne rédigea pas moins de dix romans de science-fiction. Tous ne se valent pas, mais chacun porte cette signature unique, cette étrangeté si caractéristique. Un véritable tour de force.

La fin de sa vie fut marquée par une expérience mystique profonde, qui bouleversa sa vision du monde et imprégna ses derniers écrits. Elle accentua une forme de paranoïa : Dick se sentait surveillé par la CIA et le FBI en raison de ses positions progressistes.

Une crainte qui, on le saura plus tard, n’était pas totalement infondée.

À moins que ces troubles ne soient aussi liés à des années d’abus de substances.

Reste le souvenir d’une conférence donnée en septembre 1977 en France, à Metz, restée célèbre pour son caractère déroutant : Dick y développa des idées mystiques qui laissèrent son auditoire perplexe.

Pour prolonger la découverte, on ne peut que recommander quelques autres incontournables de son œuvre :

  1. Le Maître du Haut Château (1962)
  2. Le Dieu venu du Centaure (1965)
  3. Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (1968)
  4. Substance Mort (1977)

Plongez dans son univers : l’expérience est unique. Pour ma part, j’ai lu Ubik au moins une dizaine de fois… et je ne suis toujours pas certain d’en avoir épuisé toutes les richesses.

Panier

    Votre panier est vide